Monaco

Record mondial de densité de population au mètre carré et deuxième pays le plus petit de la planète. On rêverait pour moins que cela d’un supplément d’espace vital et habitable…

Depuis avril 2017, Monaco s’active à gagner six hectares de terre sur la mer, exactement entre deux réserves marines. Si le prince Albert est un fervent partisan de l’extension du Rocher principautaire, c’est aussi un ardent défenseur de l’environnement. En d’autres termes, ce projet s’est assimilé à un numéro d’équilibriste, car il faut composer avec des exigences écologiques d’un niveau inédit !

Un défi qui va comme un gant au MARED (le Marine Environmental Department du Jan De Nul Group). Trois ans durant, il y aura en permanence quatre de ses membres à l’œuvre à Monaco. Le MARED est intervenu très activement dans le projet dès avant son lancement. Tant pour convaincre les autorités locales de la pertinence des méthodes d’exécution proposées que pour négocier les limites de turbidité. Celles-ci ont été convenues sur la base de revues de la littérature et d’études biologiques, ainsi que des connaissances d’un spécialiste externe. Elles doivent servir à éviter que les travaux n’aient un impact sur les posidonies et les coraux rouges. Une équipe était déjà sur place un an avant le début des opérations de dragage pour recueillir des informations de référence. Sans toutes ces études et cette modélisation, Bouygues – notre client – ne serait jamais parvenu à persuader les autorités monégasques que l’incidence du dragage sur l’environnement pouvait être maîtrisée. Une délégation sera encore présente sur les lieux un an après la fin des opérations de dragage pour assurer l’exécution et le suivi des contrôles requis.

 

Ce sont précisément les critères élevés de préservation de la biodiversité qui font du chantier monégasque un projet compliqué et complexe. Ce qui nous a frappés lors de notre visite cet été, outre l’ardeur déployée par les éléments féminins affectés aux relevés, à la logistique et à la comptabilité, c’est l’importance de la délégation féminine au MARED. Dries était ainsi accompagné par Lola, Delphine et Francesca dans les tâches quotidiennes de collecte, de traitement et d’analyse des mesures provenant des bouées disposées près des posidonies et des coraux.

Tant la turbidité (néfaste pour la photosynthèse des posidonies !) que la sédimentation, soit le dépôt de sable sur le fond marin, sont surveillées d’un œil critique et scrupuleux. Des bouées ancrées dans les zones vulnérables mesurent tant la turbidité de l’eau que la quantité de lumière que les plantes reçoivent. Par ailleurs, des « tubes à sédimentation » sont remontés toutes les semaines pour être analysés en laboratoire. Et, comme si cela ne suffisait pas, des photos de dalles posées sur le fond marin sont également prises en vue d’effectuer des constats visuels express. Elles permettent de discerner rapidement la différence en matière de sédimentation. Dans le but de garantir une communication ouverte, tous ces renseignements sont continuellement mis à disposition en ligne et en temps réel et, enfin, des réunions hebdomadaires avec les autorités sont organisées sur le sujet.

La thématique écologique et le travail des dames du MARED – incarnation du girl power ­­– sont cruciaux pour le chantier principautaire.